Cette animation est le deuxième "portrait multimédia" que je fais : photo, dessin, son, infographie forment une approche diversifiée du modèle. Magdalena Haggärde est une architecte suédoise que je connais depuis une dizaine d'années et avec qui j'ai déjà fait pas mal de choses (écriture de chanson, scène, projet de chanteuse virtuelle, choeurs...). C'est aussi une belle girl, profonde et fragile.

Pour ce portrait horizontal, allongéé, j'ai demandé à Magdalena de me chanter des comptines suédoises, qui parlent de tout et de rien, de trolls et d'enfance. On l'entend aussi dire un texte de Charles d'Orléans :

En la forest de longue actente
Par vent de fortune dolente
Tant y voit abattu de bois
Que sur ma foy je n'y congnois
A present ne voye ne sente.

Ce couplet évoque la tristesse amoureuse. La forêt de longue attente est devenue pour moi la forêt scandinave peuplée de fées, de gnomes et de sorcières. Au départ, la princesse des fées va se marier dans la forêt, où une fête est organisée avec tous les elfes et tous les farfadets, mais le prince charmant ne vient pas et la fête est annulée. La princesse se perd dans la forêt de longue attente et risque de périr dévorée par les trolls de la mélancolie. C'est le sens de la première partie de l'animation.

La seconde partie est plus joyeuse, centrée sur l'érotisme, le jeu, le rythme, l'espérance du renouveau. La princesse a trouvée une clarrière baignée de lumière et de bonne humeur. La femme amoureuse y est renouvelée, régénérée par la femme gnome et l'esprit hippie. Le mythe et la mode viennent revivifier l'être blessé. La femme renaît. (C'est aussi une métaphore de l'amitié consolatrice.)

Si je pouvais présenter cette animation, elle serait diffusée en boucle, avec des pauses de cinq minutes, par un vidéoprojecteur sur un mur blanc. Par terre, je poserais en désordre (mikado) quinze balais (à queues vertes en plastique, imitant les branchages, utilisés par les balayeurs de la Mairie de Paris). Je ferais une ligne de crin végétal d'où émergeraient une paire de chaussures Ernest vernis rouge chevreau blanc, avec semelle dorée de 0,8 cm et talon doré de 11,5 cm. Sur une petite table, à droite du dispositif, baignant dans une lumière rouge néon, je poserais des lettres d'amour baignées de larmes, froisées, déchirées, de l'encre, des dessins. Au mur, peintures de sorcières et gnomes.

 
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